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Les calculs rénaux ou urinaires, c’est quoi au juste ?

La lithiase urinaire communément appelée calcul rénal ou urinaire est la présence anormale de « pierre(s) » dans l’appareil urinaire causée par l’agglomération de certaines matières au niveau du rein formant ainsi des cristaux.

La fréquence de cette affection en France varie entre 8 et 10% de la population et est en nette augmentation à cause du changement de notre mode de vie ainsi que de notre alimentation.

Calculs rénaux : Symptômes à surveiller

Les calculs rénaux peuvent rester asymptomatiques et s’évacuer de manière naturelle avec les urines sans que la personne ne s’en rende compte. Ceci concerne généralement les calculs de petite taille.

Malheureusement, cette situation ne se rencontre pas toujours.
En effet, plusieurs symptômes peuvent signer la présence de calculs urinaires: présence du sang dans les urines (hématurie), infections urinaires avec sensation de brûlure à la miction, douleurs lombaires et colique néphrétique.

La crise de colique néphrétique est un épisode douloureux intense causé par le blocage du calcul au niveau de l’arbre urinaire empêchant ainsi l’écoulement des urines et se traduisant par des douleurs intenses voir insupportables, des nausées et des vomissements.

La colique néphrétique se résout normalement de façon spontanée lorsque le calcul finit par traverser l’uretère pour arriver dans la vessie mais peut aussi se compliquer dans certains cas (infection, arrêt de l’excrétion des urines voir défaillance rénale).

Au cours d’une crise de colique néphrétique, des médicaments antispasmodiques (spasfon) ainsi que des anti-inflammatoires sont normalement prescrits par le médecin pour passer le cap aigu des douleurs.

Ces médicaments permettront de détendre les parois de l’arbre urinaire pour permettre le passage du calcul. Au cours d’une crise de colique néphrétique, il est souvent recommandé d’arrêter de boire de l’eau afin d’éviter d’exacerber les douleurs lombaires.

Les différents types de calculs urinaires

Tous les calculs rénaux ne sont pas identiques. Connaître le type de la lithiase permet de déterminer les mesures adéquates à entreprendre afin d’éviter la récidive. On distingue ainsi :

Les lithiases oxalo-calciques : elles représentent 70 à 80% des lithiases et sont généralement causées par un excès de calcium et / ou d’oxalates dans les urines.

Les lithiases uriques (10 à 15% des calculs) : ces calculs sont liés à un excès d’acide urique et sont souvent associées chez la personne à d’autres affections telles que la goutte. Un contexte de consommation excessive de protéines animales et de boissons gazeuses (riches en fructose) est souvent retrouvé.

Les calculs de struvites appelés aussi calculs d’origine infectieuse et qui sont causés par des bactéries présentes au niveau urinaire. Ce type de calculs peut donner des complications très graves surtout lorsqu’ils occupent la totalité du rein. Le traitement de ce type de calculs est basé sur l’ablation des calculs ainsi que la prise de médicaments antibiotiques adaptés.

Un type peu commun de calculs liés à une maladie génétique héréditaire (1% des calculs) qui est la cystinurie. Cette maladie engendre une excrétion excessive de cystine qui est un acide aminé insoluble dans l’eau et qui cristallise au niveau du rein pour former des calculs.

Chez les personnes atteintes de ce type de calcul urinaire, il est recommandé de boire de grandes quantités d’eau riches en bicarbonates et de supprimer les boissons acides (coca cola). La cystine devient soluble quand le pH urinaire devient alcalin (entre 7 e 8).

Quelles sont les causes d’un calcul rénal ?

Un niveau d’hydratation insuffisant, d’autant plus que certains facteurs environnementaux peuvent augmenter l’impact de ce facteur tels que le séjour en pays chauds, le travail en ambiance surchauffée ainsi que l’activité sportive intense.

Un taux de calcium urinaire élevé : ceci peut être causé par la consommation de certaines eaux riches en calcium, une immobilisation prolongée ou une intoxication à la vitamine D.

Une augmentation du taux des oxalates dans les urines : une hyperoxalurie peut être observée dans certaines anomalies métaboliques génétiques, en cas de prolifération de levures au niveau intestinal ou de perturbation de la flore intestinale normale (1,2). D’autres études ont prouvé qu’une carence en vitamine B6 peut être responsable d’une élévation du taux d’oxalates dans les urines favorisant ainsi la formation de cristaux oxalo-calciques (3,4).

Une baisse du taux des citrates urinaires : ce constat est fait dans à peu près 20% des cas de calculs rénaux. Cette situation peut être la conséquence d’une prise médicamenteuse, d’une anomalie métabolique (baisse du taux de potassium dans le sang) ou rénale. Mais un régime très acide riche en protéines et pauvre en tampons alcalins ainsi qu’un dysfonctionnement intestinal sont les facteurs les plus souvent incriminés dans la genèse de cette hypocitraturie.

Une augmentation du taux de sodium dans le corps : Un niveau élevé d’acide urique favorisant la formation des lithiases uriques. Ceci peut être causé par un régime riche en purines. Le corps transforme ces dernières en acide urique. Un taux élevé d’acide urique peut aussi être associé à d’autres pathologies telles que la goutte. D’après une récente étude, un régime riche en fructose pourrait aussi provoquer une élévation du taux d’acide urique dans le corps (5).

Que faire devant un calcul rénal ?

Si votre médecin suspecte la présence d’un calcul urinaire, il vous prescrira les examens nécessaires afin de confirmer sa présence ainsi que sa position (au niveau du rein ou de l’uretère). Généralement, une échographie devrait être suffisante pour détecter le calcul, estimer sa taille et sa position et parfois même sa nature.

Si la taille de votre calcul est estimée à moins de 6 mm, rassurez-vous puisque ce dernier s’évacuera spontanément avec les urines. Cependant, vous devrez surveiller régulièrement qu’il n’augmente pas de taille jusqu’à ce qu’il s’élimine définitivement.

Vous devez aussi savoir que certains signes doivent vous alerter pour consulter un médecin assez rapidement : fièvre et frissons, urine qui sent mauvais ou qui a l’aspect trouble, une douleur lombaire qui ne s’arrête pas ou des brûlures à la miction.

Au-delà de 6 mm, une prise en charge adaptée devrait être décidée par le médecin qui vous suit. Elle comprend l’ablation des calculs ou leur destruction ainsi que l’administration de médicaments adaptés en fonction du type de lithiase concernée. Dans certaines situations, une simple surveillance associée à des mesures diététiques est nécessaire.

Les techniques utilisées pour retirer les calculs

L’idéal serait de ne pas en arriver à ce stade et d’essayer les moyens naturels pour faire dissoudre les calculs pour les évacuer normalement tout en ayant un suivi régulier.

Mais devant certaines situations graves (douleurs très intenses, dysfonctionnement du rein, obstacle à l’écoulement des urines), l’ablation de ces calculs s’impose. C’est votre médecin qui décidera du meilleur moyen à utiliser en fonction de la taille du calcul et de sa position dans l’arbre urinaire.

Il faut savoir qu’il existe plusieurs techniques :

La chirurgie est généralement réservée aux calculs de grandes tailles.

La lithotritie extracorporelle : cette technique utilise des ondes externes pour fragmenter les calculs en plus petits fragments qui pourront ensuite s’évacuer spontanément avec les urines. Cette technique a le bénéfice d’être non invasive et confortable mais peut échouer dans certaines situations d’où la nécessité de faire plusieurs séances voir le recours à d’autres méthodes.

L’urétéroscopie : c’est une technique fiable et efficace dans 90 à 95% des cas. Elle détruit les calculs grâce à un endoscope muni d’un laser introduit au niveau de l’uretère sous anesthésie générale.

Une fois les calculs enlevés ou détruits, que faire ?

Cette étape est très importante puisque c’est grâce à elle que vous pourrez éviter la récidive d’un autre calcul.

Votre médecin vous prescrira des bilans sanguins et urinaires qui associés à l’analyse de la lithiase permettront d’en déterminer la cause exacte et de mettre en route une stratégie complète.

Cette stratégie comprendra des moyens médicamenteux (certains médicaments permettent de réduire le taux de calcium ou de l’acide urique dans les urines), des mesures diététiques ainsi qu’une surveillance plus ou moins espacée et qui dépendent étroitement de la nature du calcul en cause.

Les mesures diététiques

Outre les mesures médicamenteuses utilisées pour prévenir la formation de nouveaux calculs rénaux il existe aussi plusieurs mesures diététiques et naturelles qui vous aideront à éviter les récidives.

Bien sûr avant d’entreprendre les mesures diététiques adéquates, il est important pour vous de connaître votre type de calcul puisque ceci influe directement sur la façon dont vous devez modifier votre régime alimentaire.

Demandez ceci au professionnel de santé qui vous suit. De simples analyses sur le calcul ou au niveau des urines permettront d’identifier le type de la lithiase urinaire.

Une bonne hydratation (supérieure à 2 litres par 24 heures)

Boire beaucoup d’eau représente en effet le moyen principal pour éviter la formation de calculs au niveau du rein surtout après des déperditions hydriques importantes : exercice physique intense, sauna, temps chaud avec transpiration excessive.

La diminution de la quantité d’urine dans ces conditions peut être responsable de la condensation des minéraux au niveau du rein et la formation des calculs. Il est aussi recommandé d’éviter de boire des eaux riches en calcium en cas de calculs de nature calcique.

Limiter la consommation des aliments riches en oxalates chez les personnes susceptibles de former des calculs oxalo-calciques.

Les oxalates se retrouvent naturellement dans plusieurs aliments (fruits, légumes, noix, graines, céréales, légumineuses, chocolat, thé, betteraves, patates douces, rhubarbe, épinards). La consommation modérée de ces aliments chez les personnes ayant déjà eu des calculs de nature oxalo-calcique permet ainsi d’éviter les récidives.

Les aliments très riches en oxalates (chocolat, thé, vitamine C) doivent normalement être supprimés (6,7,8). Cependant, il ne faudrait pas supprimer définitivement tous les aliments contenant des oxalates du régime alimentaire puisque ceci constitue une erreur du point de vue nutritionnel.

Ainsi, si vous êtes sujet aux calculs oxalo-calciques, et sauf contre-indication bien particulière, vous pouvez consommer ces aliments en quantité modérée pendant un repas. Le complexe oxalate-calcium sera plus susceptible de se former au niveau gastrique et intestinal qu’au niveau urinaire.

Un apport calcique compris entre 800 mg et 1g par jour

Beaucoup de gens pensent qu’en éliminant le calcium de leur régime alimentaire, ils pourraient résoudre le problème. Mais c’est complètement faux. Non seulement c’est une erreur sur le plan nutritionnel qui peut générer des carences et de nombreuses autres affections, il est actuellement démontré qu’un régime pauvre en calcium favoriserait la formation de calculs rénaux.

En effet, l’hypocalcémie engendre une déminéralisation osseuse qui a comme conséquence une augmentation de l’absorption des oxalates au niveau digestif et une hyperoxalurie. En d’autres termes, les urines seront plus concentrées en oxalates ce qui augmente notablement le risque de formation de calculs.

De même un régime trop riche en calcium et basé uniquement sur des produits laitiers est aussi néfaste et favorise la formation de lithiases au niveau du rein. L’apport calcique quotidien recommandé se situe entre 0,8 et 1 g.

Apport modéré en sels

Un régime riche en sodium peut favoriser la formation de calculs rénaux en augmentant la quantité de calcium dans les urines. Limitez votre apport quotidien total de sodium à 2 300 mg par jour.

Si vous avez eu des calculs rénaux dans le passé avec comme cause un taux de sodium élevé, limitez votre apport quotidien à 1500 mg. Ceci vous apportera aussi beaucoup de bienfaits pour votre système cardiovasculaire.

Evitez aussi les sels transformés et préférez les sels de mer non traités et les sels roses comme le sel de la mer de l’Himalaya.

Augmenter l’apport en jus d’orange, citron et pamplemousse

Ceci permet d’augmenter le taux de citrate au niveau urinaire, qui est un facteur puissant empêchant la formation de calculs d’origine oxalo-calciques. Vous pouvez ainsi vous faire de la limonade maison en mélangeant du jus de citron avec de l’eau. Evitez le sucre qui favorise la formation des calculs urinaires ou préférez alors un substitut.

Limiter votre apport en protéines animales si vos calculs sont de nature urique

Les purines se retrouvent en concentrations élevées dans les protéines animales (viandes rouges, crustacés et abats). Un apport élevé en purines augmente la production d’acide urique par l’organisme. Une excrétion plus élevée d’acide urique par les reins entraîne une diminution du pH urinaire ce qui favorise la formation des calculs uriques.

Les personnes sujettes à ce type de lithiases devront ainsi réduire leur consommation de viande rouge, abats et crustacés et augmenter celle de fruits et de légumes. Il est aussi important d’éviter les boissons sucrées ainsi que l’alcool qui augmentant le taux d’acide urique au niveau urinaire.

Eviter la consommation de boissons sucrées et de boissons gazeuses qui présentent des concentrations élevées en fructose et en acide phosphorique favorisant la formation des calculs rénaux(9,10).

Consommer des aliments riches en vitamine B et en magnésium peut aider à améliorer le taux de tampons alcalins dans votre organisme, et réduire la production des oxalates et d’acide urique. Les aliments tels que le chou-fleur, le brocoli et les graines de lin sont très bénéfiques si vous suivez un régime pauvre en oxalates.

Références

https://www.niddk.nih.gov/health-information/urologic-diseases/kidney-stones/symptoms-causes
https://medlineplus.gov/kidneystones.html
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC421787/
https://effectivehealthcare.ahrq.gov/topics/kidney-stone-imaging/consumer